
Historienne, spécialiste de l’histoire militaire, enseignante, autrice |
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| Naissance | 22 février 1970 Non renseignée |
| Àge | 55 ans |
Sabine Andrivon-Milton est une historienne martiniquaise, née le 22 février 1970 à Fort-de-France, spécialiste de l’histoire militaire de la Martinique et plus largement des Antilles.
Enseignante, autrice et créatrice de jeux de société sur la Martinique, elle œuvre à la transmission de la mémoire des soldats antillo-guyanais et à la valorisation du patrimoine martiniquais auprès du grand public, des scolaires et de la diaspora.
Parcours et formation
Cadette d’une fratrie de trois enfants, Sabine Andrivon-Milton grandit dans un milieu populaire à Fort-de-France, avec un père garagiste et une mère au foyer, dans un environnement où le travail, la persévérance et l’attachement à la Martinique tiennent une place importante.
Elle est scolarisée à l’école primaire Sainte-Thérèse B, puis au collège de Sainte-Thérèse, avant de rejoindre le lycée de Bellevue en 1984, où elle obtient un baccalauréat A1 (lettres et langues).
Elle poursuit ses études d’histoire à l’Université des Antilles et de la Guyane sur le campus de Schœlcher, puis à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où elle approfondit les questions de guerres et de colonisation.
Elle se spécialise en histoire militaire, d’abord avec un mémoire sur la participation des Martiniquais à la guerre du Mexique (1861–1867), puis avec une thèse de doctorat intitulée « La Martinique et la Grande guerre », soutenue à Schœlcher, qui devient la base de son expertise sur la place de la colonie dans le conflit de 1914–1918.
Engagements, fonctions et actions majeures
Sabine Andrivon-Milton est enseignante et docteure en histoire, spécialisée dans l’histoire militaire des Antilles, en particulier la participation des Martiniquais aux conflits mondiaux. Elle fonde et préside l’association « Histoire militaire de la Martinique », à partir de laquelle elle mène un travail de recherche, de collecte de témoignages et de vulgarisation historique sur les soldats martiniquais.
Elle est à l’origine d’un vaste travail d’identification des soldats oubliés : elle met en évidence qu’environ 150 soldats martiniquais morts pendant la Première Guerre mondiale avec la mention « Mort pour la France » ne figuraient pas sur les monuments aux morts.
Elle milite alors pour l’inscription de ces noms et obtient, entre autres, la restauration en 2015 de la plaque commémorative du cimetière de Balata portant les noms des soldats du quartier morts durant la Grande Guerre.
Engagée contre les atteintes à la mémoire, elle proteste publiquement contre la destruction de plaques de monuments aux morts en Martinique, avec le soutien d’associations d’anciens combattants et d’une partie de la population.
Rayonnement et reconnaissance
Sabine Andrivon-Milton est reconnue comme l’une des principales spécialistes de l’histoire militaire martiniquaise, référencée dans des réseaux d’expertes et mobilisée pour le Centenaire de la Première Guerre mondiale. Elle obtient plusieurs Labels Centenaire pour ses projets, notamment « La Martinique et sa filleule Étain », qui organise le déplacement d’une délégation martiniquaise à Étain, ville détruite pendant la Grande Guerre et reconstruite avec l’aide de la Martinique, ainsi que pour le projet « Les Soldats martiniquais et le Chemin des Dames ».
Son travail est salué localement : elle est élue « Femme de l’année 2011 » par les auditeurs de Martinique 1ᵉʳ pour son action en faveur de la mémoire des soldats martiniquais. Elle est également engagée auprès de la Défense en tant que réserviste citoyenne, atteignant le grade de commandant en 2018, ce qui consacre son rôle de médiatrice entre institutions militaires, scolaires et société civile antillaise.
Héritage et mémoire
L’apport de Sabine Andrivon-Milton à la mémoire collective martiniquaise est considérable : ses recherches ont permis la reconnaissance officielle de nombreux soldats antillais, la correction de monuments et l’inscription de la Martinique dans l’histoire globale de la Grande Guerre.
Par son travail, elle contribue à inscrire la Martinique et ses habitants dans la narration mondiale des conflits, en montrant la participation souvent invisibilisée des Antilles et de la Caraïbe aux guerres européennes.
Parallèlement, elle joue un rôle clé dans la transmission auprès des jeunes générations : conférences dans les écoles, interventions associatives, modules télévisés comme « Propos de guerre », « Lettres de poilus martiniquais » et « Des soldats martiniquais de la Grande Guerre » diffusés sur Martinique 1ᵉʳ, ainsi que chroniques radio telles que « Une île une histoire » ou « Quelle histoire ». Depuis 2024, elle participe à l’émission « Notre histoire » sur RCI, consolidant son rôle d’interprète de la mémoire martiniquaise contemporaine.
Créations ludiques et valorisation du patrimoine
Sabine Andrivon-Milton est également une créatrice de jeux de société centrés sur la Martinique, qui participent au patrimoine immatériel et à la diffusion de la culture créole par le jeu. Elle conçoit, entre autres le :
- Jeu de cartes « 9 familles – Je découvre la Martinique » (1ᵉʳ prix REALIZ), puis un volume 2 ,
- Jeu de société « La Martinique au bout des doigts », « La Martinique en jeux de société » et « La Martinique en puzzle » (300 pièces),
- Livrets « La Martinique en multijeux » (volumes 1 et 2), « Mots mêlés et sudoku », des abécédaires et des jeux comme « Martinik Mémory », « Martinique ti mapipi quiz », « Martiniquiz » (plusieurs volumes) ou « La Martinique en 10 secondes ».
Elle mène aussi des actions de grande ampleur, comme le défi d’offrir des livrets de mots mêlés à l’ensemble des élèves de CM1–CM2 de la Martinique (plus de 8 200 enfants), ou la distribution d’un abécédaire de la Martinique dans toutes les écoles maternelles, renforçant le lien entre jeu, éducation et créolité….
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