
Spécialiste d'histoire littéraire |
Louis-Georges Tin est un universitaire et militant martiniquais, né en 1974 en Martinique, engagé contre l’homophobie et le racisme.
Figure intellectuelle de la diaspora antillaise, il est connu pour avoir fondé en 2005 la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie et pour avoir présidé le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), devenant une voix majeure des luttes antiracistes et des combats mémoriels liés à l’esclavage.
Son parcours mêle recherche universitaire, engagement associatif et intervention dans l’espace public sur les questions de créolité, de mémoire coloniale et de droits des minorités.
Parcours et formation
Louis-Georges Tin naît en 1974 dans une famille d’enseignants martiniquais et est l’arrière-petit-neveu de Victor Sévère, avocat, maire de Fort-de-France et député de la Martinique, ce qui ancre son histoire dans une lignée d’engagement politique antillais.
Il effectue sa scolarité secondaire au lycée Schœlcher à Fort-de-France, établissement emblématique de la formation des élites intellectuelles de la société martiniquaise.
Après le baccalauréat, il rejoint une classe préparatoire littéraire au lycée Henri-IV à Paris, puis intègre l’École normale supérieure en 1993, devenant agrégé de lettres modernes en 1996. Il soutient en 2003 une thèse de doctorat à l’université Paris-Nanterre sur « Tragédie et politique en France au XVIᵉ siècle », affirmant un profil d’universitaire spécialiste de littérature et de pensée politique.
Engagements, fonctions et actions majeures
Sur le plan académique, Louis-Georges Tin est maître de conférences à l’université d’Orléans, où il enseigne la littérature et intervient également à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) Centre-Val de Loire. Il dirige des collections et publie des essais qui articulent études littéraires, analyse des normes sexuelles et réflexion sur le racisme, à l’interface entre recherche et engagement citoyen.
Militant, il cofonde en 1997 la première association LGBT de l’École normale supérieure, « Homonormalité », puis lance en 2005 la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHO/IDAHOT), aujourd’hui célébrée dans plus de 130 pays. Il est à l’origine du Dictionnaire de l’homophobie (2003) et de l’ouvrage L’Invention de la culture hétérosexuelle, qui analysent la construction sociale de l’hétérosexualité et les mécanismes de l’homophobie dans les sociétés occidentales.
En 2004–2005, il participe à la création du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), dont il devient le porte-parole, puis le président de 2011 à 2017. À ce titre, il mène des actions sur les discriminations, les réparations liées à l’esclavage et la visibilité des populations noires en France, notamment à travers des prises de position médiatiques, des campagnes juridiques et des interventions politiques.
Rayonnement et reconnaissance
Louis-Georges Tin acquiert une visibilité internationale en tant qu’initiateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, soutenue par de nombreux États, ONG et institutions internationales. Son engagement l’amène à participer à des marches et manifestations, comme la Moscow Pride, où il est arrêté en 2011 avec d’autres militants avant d’être relâché, ce qui renforce son image de défenseur des droits LGBT à l’échelle mondiale.
Dans le champ des luttes antiracistes, sa présidence du CRAN le place au cœur des débats français sur le racisme, le communautarisme, la mémoire de l’esclavage et la question des réparations, avec des interventions très médiatisées et parfois controversées. Il figure parmi les personnalités marquantes d’annuaires et de sélections de figures influentes, et une campagne a même été lancée en 2012 pour proposer sa candidature au prix Nobel de la paix, en lien avec ses actions pour la dépénalisation de l’homosexualité.
Héritage et mémoire
Par ses écrits tels que Esclavage et réparations : comment faire face aux crimes de l’histoire, Louis-Georges Tin contribue à nourrir la réflexion sur la mémoire de l’esclavage, la créolité, la diaspora noire et la responsabilité des États et des entreprises face aux crimes coloniaux. S
es travaux et prises de position s’inscrivent dans une tradition de pensée caribéenne qui interroge la société martiniquaise, la France post-coloniale et les liens entre patrimoine historique et luttes contemporaines pour l’égalité.
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