
Chelonia mydas |
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| Catégorie | Reptiles |
La tortue verte (Chelonia mydas) est une grande tortue marine emblématique des eaux martiniquaises, surtout visible sur les herbiers et autour des récifs coralliens de la côte caraïbe. Espèce menacée au niveau mondial, elle joue un rôle clé dans l’équilibre des herbiers marins et des récifs, au cœur de l’identité naturelle de la Martinique.
Nom, statut et présence en Martinique
La tortue verte est aussi appelée tortue franche, et porte le nom scientifique Chelonia mydas. C’est une tortue marine à large distribution tropicale (Atlantique, Pacifique, Indien, mer des Caraïbes), mais les eaux martiniquaises constituent pour elle des zones d’alimentation importantes, notamment sur les plateaux côtiers riches en herbiers.
Au niveau mondial, Chelonia mydas est classée En danger (Endangered) sur la Liste rouge de l’UICN, en raison de la surexploitation passée, des captures accidentelles et de la dégradation des habitats. En Martinique, elle est strictement protégée : toute capture, perturbation des pontes ou collecte d’œufs est interdite, et l’espèce fait l’objet de suivis par la DEAL, des associations naturalistes et le Parc naturel régional de la Martinique.
Origine biogéographique et rôle écologique
La tortue verte est une espèce à répartition pantropicale, présente dans la plupart des mers chaudes du globe, dont la mer des Caraïbes et l’Atlantique tropical où se situe la Martinique. Les individus observés localement peuvent provenir de différentes plages de ponte caribéennes, la tortue verte effectuant de grandes migrations entre ses sites de nidification et ses zones d’alimentation.
C’est l’une des rares tortues marines à régime principalement herbivore à l’âge adulte, broutant algues et graminées marines comme les herbiers de phanérogames (ex. Thalassia, Syringodium). En maintenant les herbiers courts et productifs, elle favorise la biodiversité associée (poissons, invertébrés) et contribue indirectement à la séquestration du carbone dans ces habitats, jouant un rôle d’ingénieur d’écosystème.
Morphologie et particularités
La tortue verte est l’une des plus grandes tortues marines, avec une carapace pouvant dépasser 1 m de longueur et un poids courant de 80 à plus de 150 kg chez les grands adultes. Sa carapace est généralement ovale, brun‑olivâtre à verdâtre, marbrée de motifs plus clairs, et sa tête est relativement petite par rapport à celle de la tortue imbriquée, avec un bec lisse adapté au broutage.
Son nom vient de la couleur verdâtre de sa graisse, liée à son régime herbivore, plus que de la couleur de sa carapace. Comme toutes les tortues marines, elle ne peut pas rentrer la tête dans sa carapace et possède de larges nageoires antérieures en forme de palettes qui en font une excellente nageuse en pleine eau comme au-dessus des herbiers.
Mode de vie et alimentation
La tortue verte alterne phases en pleine mer (stade jeune) et phases côtières (subadultes et adultes). Les juvéniles passent plusieurs années en zones pélagiques, puis rejoignent les herbiers côtiers, lagons et zones récifales où ils adoptent un mode de vie plus sédentaire.
Son régime est omnivore chez les jeunes, incluant invertébrés (méduses, crustacés, zooplancton), puis devient majoritairement végétal : algues et herbes marines qu’elle broute en se posant sur le fond ou en nage lente. En Martinique, on l’observe fréquemment la tête plongée dans les herbiers peu profonds, à quelques mètres seulement des plages ou des récifs coralliens frangeants.
Reproduction et espérance de vie
La tortue verte revient pondre sur des plages sablonneuses souvent proches de son site de naissance, après de longues migrations. Dans les Caraïbes, la période de ponte s’étend en général de juin à septembre, avec des variations locales selon les sites.
La femelle sort de nuit, creuse un nid d’environ 50 à 70 cm de profondeur et y dépose environ une centaine d’œufs par ponte, répétée plusieurs fois dans la saison. Les œufs incubent autour de 50 à 70 jours selon la température du sable, et les jeunes rejoignent la mer en groupe, exposés à une forte prédation, ce qui explique le faible nombre d’adultes survivants.
L’espérance de vie d’une tortue verte peut dépasser plusieurs dizaines d’années, certaines estimations allant au‑delà de 60 ans pour des individus matures, ce qui rend l’espèce très sensible aux perturbations prolongées (pollution, captures, destruction des plages).
Habitat et répartition locale en Martinique
En Martinique, la tortue verte fréquente principalement :
- Les herbiers marins côtiers (zone des 0–20 m), véritables « prairies sous‑marines ».,
- Les lagons, baies protégées et récifs coralliens, où elle trouve abri et nourriture.
Elle est régulièrement observée sur la côte caraïbe (eaux plus calmes et claires), notamment dans des baies à herbiers et récifs, mais des individus fréquentent aussi la façade atlantique lorsqu’y subsistent des zones protégées des fortes houles.
Des traces de pontes et nids ont été signalées ponctuellement en Martinique, confirmant que l’île peut jouer un rôle, au moins secondaire, comme site de nidification pour Chelonia mydas.
Adaptation aux milieux anthropisés
La tortue verte supporte mal la dégradation des plages (urbanisation, éclairage nocturne, circulation de véhicules) qui perturbe la ponte et l’orientation des jeunes vers la mer. Elle est aussi très sensible à la pollution plastique, qu’elle peut ingérer en la confondant avec des proies, et aux engins de pêche (prises accidentelles dans les filets ou palangres).
En revanche, elle utilise parfois des zones portuaires ou très fréquentées si des herbiers y subsistent encore, ce qui la met en contact rapproché avec les bateaux, baigneurs et plongeurs.
La multiplication des activités nautiques (moteurs, ancrages sur herbiers, dérangement répété) peut alors provoquer des blessures, du stress chronique et une modification de ses comportements d’alimentation.
Prédateurs, interactions et comportement
Les prédateurs naturels concernent surtout les œufs et les jeunes : crabes, oiseaux, chiens, mangoustes et autres mammifères introduits sur les plages de ponte. Les adultes, très grands, ont peu de prédateurs, hormis quelques grands requins ou, localement, des attaques occasionnelles d’orques dans certaines régions.
La tortue verte entretient de fortes interactions avec :
- Les herbiers marins (qu’elle entretient par le broutage).,
- Les récifs coralliens, qui fournissent abris, zones de repos et corridors vers les herbiers.
Son comportement est globalement paisible, alternant longues périodes de broutage et de repos sur le fond ou sous un surplomb rocheux, où elle peut rester plusieurs dizaines de minutes en apnée. Elle tolère souvent la présence de plongeurs s’ils gardent leurs distances, ce qui en fait une espèce phare du snorkeling et de la plongée en Martinique.
Relations avec les humains et dimension culturelle
En Martinique, la tortue verte est devenue un symbole fort du tourisme durable et de la richesse des fonds marins caribéens. Observer une tortue en plongée ou en randonnée palmée fait partie des expériences les plus recherchées par les visiteurs, notamment dans les zones littorales labellisées ou intégrées au Parc naturel marin de Martinique.
Historiquement, les tortues marines étaient chassées pour leur viande, leur graisse et leurs œufs, mais ces pratiques sont aujourd’hui interdites et combattues par de fortes campagnes de sensibilisation. La tortue verte est désormais utilisée comme espèce emblématique dans la communication des associations, clubs de plongée et institutions locales, pour incarner la nécessité de protéger les plages, les récifs et les herbiers de l’île.
Menaces et statut de conservation
Les principales menaces qui pèsent sur Chelonia mydas incluent :
- Destruction et artificialisation des plages (aménagements, éclairage, véhicules).,
- Pollution (plastiques, hydrocarbures, métaux lourds) et ingestion de déchets.,
- Captures accidentelles dans les engins de pêche (filets, palangres, casiers).,
- Collisions avec les bateaux et blessures par hélices dans les zones touristiques.
À l’échelle mondiale, la tortue verte est classée En danger (EN) par l’UICN et figure dans les annexes de plusieurs conventions internationales (CITES, Convention de Bonn, etc.), ce qui renforce sa protection juridique. En Martinique, elle est intégralement protégée par la réglementation française et fait l’objet de plans d’action régionaux pour les tortues marines des Antilles françaises.
Mesures de protection en Martinique
Les mesures locales comprennent :
Interdiction de perturber les tortues (approche, manipulation, capture, commerce, consommation d’œufs).
Suivi des plages de ponte et protection des nids par des réseaux d’observateurs (bénévoles, associations, services de l’État).
Sensibilisation des usagers de la mer (clubs de plongée, plaisanciers, pêcheurs) sur les bonnes pratiques d’observation et d’ancrage hors herbiers.
Des études de photo‑identification sont menées en Martinique pour suivre individuellement les tortues vertes sur leurs sites d’alimentation, mieux connaître leur fidélité aux herbiers côtiers et évaluer l’impact des activités humaines. Le Parc naturel régional de la Martinique et les acteurs institutionnels s’appuient sur ces données pour adapter les mesures de gestion des zones côtières et récifales.
Influence culturelle et symbolique
Dans l’imaginaire caribéen, la tortue marine est souvent associée à la sagesse, la longévité et la mer nourricière, valeurs qui résonnent fortement dans les îles de la Martinique et des Petites Antilles. Aujourd’hui, la tortue verte apparaît sur de nombreux supports pédagogiques, affiches de sensibilisation et produits touristiques, où elle incarne une Martinique tournée vers la protection de son patrimoine marin.
Les campagnes locales de « turtle watching responsable » ont fait de la tortue un symbole positif de changement, invitant habitants et visiteurs à revoir leurs pratiques sur la plage (gestion des déchets, éclairage, respect des zones de ponte) et en mer (vitesses, ancrages, respect des distances d’observation).
Tableau synthétique – Tortue verte en Martinique
| Aspect | Détail essentiel |
|---|---|
| Nom vernaculaire | Tortue verte (tortue franche) |
| Nom scientifique | Chelonia mydas |
| Statut écologique | Grande tortue marine migratrice, espèce menacée |
| Statut UICN | En danger (Endangered) |
| Présence en Martinique | Zones côtières avec herbiers marins, lagons et récifs coralliens |
| Rôle écologique | Herbivore, brouteuse d’herbiers, ingénieur d’écosystème côtier |
| Menaces majeures | Destruction de plages, pollution, captures accidentelles, collisions avec bateaux |
| Protection locale | Espèce intégralement protégée, suivis scientifiques, actions du Parc naturel régional de la Martinique et partenaires |
Toute capture accidentelle doit être immédiatement signalée au CROSS AG (tél : 196) qui mettra en contact avec les services appropriés notamment en cas d’animal blessé.
Le pêcheur suivra les instructions données afin de libérer l’animal au plus vite.
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