
| An kréyol | zikak |
Chrysobalanus icaco |
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| Catégorie | Fruits |
L’icaque, appelée scientifiquement Chrysobalanus icaco et connue en créole sous le nom zikak, est l’un des fruits les plus méconnus mais les plus charmants des littoraux martiniquais.
Surnommée prune de coton, elle pousse sur des arbustes côtiers vigoureux qui résistent au vent et au sel, faisant d’elle une espèce emblématique des mangroves et plages martiniquaises.
Dans cet article, vous découvrirez comment reconnaître l’icaquier, où il pousse en Martinique, comment le cultiver, ses usages traditionnels dans la culture créole et son rôle écologique essentiel dans la préservation du littoral tropical.
Comment reconnaître l’icaque
Chrysobalanus icaco est un arbuste tropical ou petit arbre mesurant de 2 à 6 mètres, au port dense et arrondi. Ses feuilles charnues, ovales et brillantes, sont d’un vert intense et bien adaptées à la chaleur et aux embruns.
Ses fleurs blanches rosées dégagent un parfum léger et sucré avant de donner naissance à des fruits ronds ou légèrement ovales, de la taille d’une prune. Leur couleur varie du blanc crème au rose violacé, selon la maturité.
La chair spongieuse est douce, peu juteuse, sucrée et délicatement parfumée d’où son surnom poétique de prune de coton. Le fruit renferme un noyau ligneux, parfois utilisé dans l’artisanat créole.
Où vit-elle en Martinique
L’Icaque pousse principalement sur les :
- Littoraux sableux et ensoleillés,
- Bordures de mangroves,
- Zones côtières sèches sujettes au vent salin.
Elle est particulièrement présente dans le Sud de la Martinique (Sainte-Anne, Le Diamant, Les Salines) et sur certaines côtes de l’Atlantique.
Résistante au sel et à la sécheresse, elle constitue une espèce pionnière utile à la protection des plages et à la restauration des zones littorales dégradées.
Comment la cultiver ou l’observer
L’icaquier est une plante facile à cultiver, adaptée aux climats tropicaux :
- Exposition : plein soleil, tolère la mi-ombre,
- Sol : léger, sablonneux, parfois calcaire, et bien drainé,
- Arrosage : léger à modéré, la plante supporte la sécheresse une fois bien installée,
- Multiplication : par semis ou bouturage de tiges semi-ligneuses,
- Entretien : très peu exigeant, tailler légèrement pour maintenir la forme d’arbuste.
Ses fleurs et ses fruits apparaissent de manière échelonnée toute l’année en fonction des pluies.
Elle s’intègre parfaitement dans un jardin côtier ou un aménagement paysager écologique.
Usages traditionnels martiniquais
La zikak fait partie des fruits pays appréciés pour leur douceur et leur côté rustique :
- Consommée crue, fraîchement cueillie sur le littoral ou sur l’arbre du jardin,
- Préparée en confiture, compote ou sirop dans la tradition créole,
- Parfois mélangée à d’autres fruits tropicaux (goyave, prune de Cythère, sapotille) pour des desserts colorés,
- En médecine populaire, on prête à la décoction de ses feuilles ou de son écorce des vertus digestives et calmantes (usage traditionnel sans reconnaissance médicale officielle).
Le fruit, bien qu’un peu oublié, symbolise la simplicité et la douceur de vivre créole : petit, rare, mais plein d’histoire.
Bienfaits ou rôle écologique
L’icaquier joue un rôle majeur dans l’équilibre écologique des littoraux, il stabilise les :
- Dunes et limite l’érosion grâce à ses racines profondes,
- Sert d’abri et de nourriture pour de nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes,
- Ses graines sont disséminées par la mer (dispersion hydrochore), contribuant à la régénération naturelle des plages,
- Sa floraison attire abeilles et papillons, renforçant le réseau pollinisateur côtier.
C’est une espèce modèle pour la restauration des écosystèmes littoraux caribéens.
Où la trouver en Martinique
L’Icaque pousse naturellement le long des côtes :
- Plages du Sud et du Sud-Ouest (Les Salines, Grande Anse, Sainte-Luce),
- Zones de mangrove au Robert, au François ou au Lamentin,
- Jardins écologiques et espaces naturels protégés du littoral.
On en trouve aussi dans certains jardins botaniques ou sentiers d’interprétation dédiés à la flore maritime.
Protection et transmission
La barrière littorale martiniquaise est un patrimoine à préserver, et l’icaquier en est un maillon essentiel.
Encourager sa plantation dans les zones côtières, scolaires ou communautaires, c’est participer à la :
- Lutte contre l’érosion,
- Maintien de la biodiversité,
- Transmission du savoir créole lié aux plantes pays.
Favoriser la redécouverte des fruits oubliés comme le zikak contribue à reconnecter la population à la nature originelle et nourricière de l’île.
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