
Chanteur, danseur traditionnel |
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| Naissance | 13 décembre 1925 |
| Décès | 10 mars 1992 à 66 ans |
Emmanuel Casérus, plus connu sous le nom de Ti Émileou Ti Milo, est une figure majeure de la musique traditionnelle martiniquaise, né en 1925 au quartier Bézaudin à Sainte-Marie (Martinique).
Issu d’un milieu rural et ouvrier, il commence à chanter dès son plus jeune âge, très tôt imprégné du chant responsorial et du tambour bèlè, héritages culturels des Antilles profondes. Ex-coupeur de canne devenu maître de bèlè et danseur, il incarne la mémoire sonore de la ruralité antillaise.
Après avoir quitté Sainte-Marie à 43 ans, il s’installe à Fort-de-France, où il devient agent au Centre culturel Jean-Marie Serreau (ex-Pitt de Dillon), un lieu clé pour la transmission des musiques traditionnelles.
De la fin des années 1960 aux années 1980, il enregistre plusieurs disques emblématiques comme :
- Ambiance racines (1974),
- Sa sé homaj péyi (1962, texte d’Édouard Glissant)
- Et Ti Emile et son groupe folklorique de Sainte-Marie (1971).
Ses interprétations, célèbres pour la mise en valeur de la voix créole, du tambour et du rire du pays, participent à la sauvegarde et à la diffusion des formes traditionnelles telles que danmyé, ladja, et bèlè chanté.
Ti Émile collabore avec des acteurs importants de la scène culturelle martiniquaise comme Anca Bertrand, le père Élie, Claude Genteuil, et prend part au projet Ethnicolor (1991) du producteur Ronald Rubinel.
Il partage par ailleurs la scène avec des figures du bèlè contemporain, notamment la danseuse Sonia Marc du groupe Pakatak fondé par Dédé Saint-Prix. Son fils Jean-Michel Casérus lui rend hommage dans le documentaire Milo Pòkò Mò (2008), qui retrace la continuité spirituelle du bèlè entre générations.
En tant que grand maître du bèlè, Ti Émile a joué un rôle crucial dans la réhabilitation et la modernisation de cette tradition, longtemps marginalisée comme une pratique « vié nèg ».
Il a su faire renaître ce patrimoine immatériel créole dans les milieux urbains et sur la scène caribéenne contemporaine, influençant de nombreux tambouyés et chanteurs martiniquais engagés dans la transmission du rythme et du langage du tanbou.
Ti Émile reste une référence spirituelle au sein de mouvements comme Bèl Alyans et Kay Bèlè-a, bastions de la mémoire culturelle à Fort-de-France.
Il s'éteint le 10 mars 1992 à Sainte-Marie, honoré comme maître de bèlè par ses pairs et disciples, et repose dans sa commune natale.
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