
Chanteuse |
Née en Martinique dans les années 1930, Stella Mondésir, plus connue sous le nom de Lola Martin, est une chanteuse martiniquaise qui a marqué les décennies 1950 à 1970 par sa voix singulière et son audace artistique.
Interprète de biguine, mazurka et de valse créole, elle incarne la féminité libre et la modernité des Antilles d'après-guerre. Formée sur le tas, remarquée par le musicien Jo Amable, elle devient l'une des premières femmes antillaises à chanter dans les grands orchestres professionnels.
Parcours artistique
Élevée dans un milieu modeste, Lola Martin chante d'abord pour le plaisir familial avant d'être repérée par Jo Amable, harmoniste renommé, après un échange impromptu dans une rue de Fort-de-France.
Impressionné par la justesse de sa voix, il lui offre sa première scène à l'Olympia de Fort-de-France, événement qui lance sa carrière.
Grâce à Jo Amable, elle débute dans des émissions radiophoniques hebdomadaires, puis accompagne des maîtres tels que Marius Cultier, Fred Fanfan, Émilien Antile et Jack Gil.
Sa popularité explose après son départ pour la Guadeloupe, où elle rejoint le groupe Fairness Junior et enregistre plusieurs succès, dont L'Oubli, devenu classique du patrimoine antillais.
En 1969, elle revisite « A Si Paré », chanson écrite en 1930 par Léona Gabriel, qu'elle enregistre pour le label Henri Debs. Cette version modernise un texte féministe avant l'heure et reste un modèle d'interprétation créole où sa voix voilée et envoûtante épouse les sonorités d' Émilien Antile à la clarinette.
Elle collabore ensuite avec le Ballet martiniquais de Loulou Boislaville puis intègre Les Wabaps, emblématique ensemble musical animé par Marius Cultier.
Entre 1960 et 1970, elle devient la voix incontournable des soirées antillaises et enregistre quatre albums, dont Kenbé doubout aw (Paris, 1998) avec Alain Jean-Marie.
Collaborations notables
Lola Martin a travaillé avec des figures majeures telles que Marius Cultier, Alain Jean Marie, Eddy Louiss, Fred Fanfant, Georges Edouard Nouel, Michel Paquit, Florence Cole, Pierre Louiss, Henri Debs, Emilien Antile, Robert Mavounzy, Loulou Boislaville, Solon Goncalves, Germain Cece, Ti Raoul, Ti Emile, pour ne citer qu'eux.
Ces collaborations ont permis de relier la musique traditionnelle martiniquaise (biguine, bèlè, mazurka) à la modernité du jazz antillais naissant. Ses tournées la conduisent entre la Martinique, la Guadeloupe, Paris et les États-Unis.
Impact et héritage
Première femme antillaise à imposer sa voix dans les orchestres masculins de l'époque, Lola Martin a ouvert la voie à une nouvelle génération d'interprètes féminines créoles.
Ses interprétations ont contribué à la transmission du répertoire classique antillais et à sa valorisation comme patrimoine immatériel des Caraïbes.
Son timbre reconnaissable, à la fois grave et doux, a inspiré des artistes comme Maliwan, Stacy Maillot et plusieurs chanteuses de la nouvelle scène caribéenne.
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