
Biguine |
||
| Surnom | Miss Estrella | |
| Naissance | 05 janvier 1891 | |
| Décès | 11 août 1971 à 80 ans | |
Née en 1891 à Rivière-Pilote au sud de la Martinique dans une famille créole, Léona Gabriel, alias Miss Estrela, grandit au rythme des chants des ouvriers travaillant la canne à sucre sur l’habitation de son père, un blanc créole.
Aînée de cinq enfants, elle est marquée par la perte précoce de ses parents, qui la pousse à quitter son île natale pour la Guyane à l’âge de 14 ans.
En Guyane, Léona s’immerge dans la vie musicale animée par le clarinettiste Alexandre Stellio, puis, une fois majeure, elle devient secrétaire à la société du canal de Panama, prouvant son adaptabilité bien au-delà de la sphère artistique.
De retour sur la terre martiniquaise, Léona Gabriel fascine par son talent de chanteuse populaire, incarnant l’art créole et la renaissance de Saint-Pierre après l’éruption de 1902.
Vers 1920, elle s’expatrie à Paris, où elle rencontre le compositeur Léo Daniderff, qui l’accompagne dans ses premiers succès à l’Olympia (1926-1929).
Sa voix singulière traverse les cabarets antillais de Montparnasse, notamment la Boule Blanche, le Tagada, l’Élan Noir ou la Savane.
Au fil des années, Léona Gabriel devient la chanteuse attitrée de l’orchestre Stellio, participe à l’Exposition coloniale du Bois de Vincennes (1931), et enregistre de nombreux disques chez Odéon et Polydor, y compris sous le pseudonyme « Mademoiselle Estrella », avec des figures telles qu’Alexandre Kindou.
Elle sera aussi à l'origine de classiques de la biguine martiniquaise comme « Maladie d’amour », reprise par son neveu Henri Salvador.
Après la Seconde Guerre mondiale, Léona rentre en Martinique, donne des récitals en Martinique et Guadeloupe, et anime l’émission « Ça c’est la Martinique » aux côtés de musiciens renommés. Son recueil de chansons créoles, publié en 1966, est aujourd’hui un monument du patrimoine musical martiniquais.
Figure légendaire, Léona Gabriel s’impose comme la passeuse du patrimoine musical de Saint-Pierre et de la poésie créole, jusqu’à sa disparition en 1971 à Fort-de-France.
💬 Laissez un commentaire
🛑 Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Se connecterPas encore de compte ? Créez-en un ici
Commentaires récents
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !