Martinique A nu

Puissance 8

La voix sans détour du Vauclin

Album de puissance 8

Groupe du Vauclin, Martinique, cadence, compas

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Né au Vauclin, en Martinique, le groupe Puissance 8 s’inscrit dans la grande histoire de la musique antillaise des années 1970, à la croisée de la cadence, du compas et des rythmes populaires de la Martinique. 

Ancré dans la culture créole, il s’impose sur les scènes de bals, dans les médias locaux et sur les ondes des radios antillaises, où ses chansons deviennent des classiques des soirées martiniquaises. 

Parcours musical et médiatique

La saga de Puissance 8 commence à la fin des années 1960, quand une bande de musiciens originaires du Vauclin décide de créer une formation moderne enracinée dans la tradition populaire martiniquaise. Le groupe se structure autour d’un noyau de musiciens : Bruno Charles (guitare basse), Bruno Saturnin (saxo), Ernest Bernard (clavier), Jean Deval (percussions), Jules Titoula (guitare solo), Michel Béatrice (congas), Rodolphe Monplat (batterie), bientôt rejoints par la voix singulière de José Rébus au chant et de Yves Dulac et Raymond Occolier.​

Le premier grand tournant intervient avec la sortie, en 1975, de leur 33 tours sur le label Typica Records, porté par le titre « Maguy », composé et interprété par José Rébus, qui devient un véritable événement musical aux Antilles. 

Dans la même dynamique, Puissance 8 enregistre des morceaux marquants comme « Ma maîtresse d’école », « Chofé Taksi » (1979) ou « Femme infidèle », A/C José Rébus, qui circulent largement en Martinique et en Guadeloupe via la radio, les sound systems et les fêtes populaires.​

Collaborations et ancrage local

Au-delà du studio, Puissance 8 se construit dans les bals du sud de la Martinique, où le groupe anime les soirées du Vauclin et des communes voisines, devenant une référence pour toute une génération de danseurs. 

La formation s’appuie sur le travail de Max (Félix) Macambou, membre fondateur et imprésario, également percussionniste, qui contribue à structurer la carrière du groupe, à organiser les dates et à affirmer son identité scénique martiniquaise.​

Les liens tissés avec d’autres acteurs de la musique antillaise, notamment à travers la carrière parallèle de José Rébus (qui collabore par exemple avec le groupe Inter-Cos de Rivière-Pilote en 1976), renforcent la visibilité de Puissance 8 dans le paysage musical caribéen. Les compositions du groupe circulent ainsi entre Martinique, Guadeloupe et diaspora, faisant de Puissance 8 un pont sonore entre les différentes îles créolophones.​

Style, thématiques et titre « Femme infidèle »

Le style de Puissance 8 repose sur une cadence nerveuse, soutenue par une section rythmique solide et un saxophone mélodique, sur laquelle viennent se poser des textes en créole et en français au ton souvent humoristique, sans détour et volontiers provocateur. La voix nasillarde et reconnaissable de José Rébus donne une couleur particulière aux chansons, qui abordent la vie quotidienne, l’école, les relations amoureuses, la jalousie, la sensualité et la transgression sociale.​

Dans ce répertoire, le titre « Femme infidèle », A/C José Rébus, s’inscrit dans la lignée de ces chroniques chantées des rapports hommes-femmes, typiques de la chanson populaire antillaise des années 1970. 

Impact culturel et héritage antillais

Puissance 8 occupe une place singulière dans la mémoire musicale martiniquaise : le groupe a contribué à renouveler la chanson créole en introduisant un langage plus direct, parfois cru, qui disait sans filtre les réalités sociales et intimes du peuple antillais. 

L’héritage du groupe se mesure aujourd’hui à la longévité de ses titres, encore diffusés sur les radios, partagés sur les plateformes en ligne et repris dans les soirées rétro en Martinique et en Guadeloupe. Pour de nombreux auditeurs, les chansons de Puissance 8 restent associées à une époque précise de la vie antillaise, à une ambiance de liberté, de créolité affirmée et de forte identité martiniquaise.​

Hommage à José Rébus

Figure centrale de Puissance 8, José Rébus s’est imposé comme l’une des voix marquantes de la chanson antillaise des années 1970, grâce à ses compositions et à son interprétation singulière. 

Il est décédé en mai 2012 en Guadeloupe à Sainte-Rose, à la suite d’un accident vasculaire cérébral, laissant derrière lui un répertoire qui continue de marquer la mémoire collective créole.

Puissance 8, « Femme infidèle », A/C : José Rébus

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