Jean Crusol naît dans une famille nombreuse et modeste du sud de la Martinique, à Sainte-Luce, alors un petit village de pêcheurs. Après l’école primaire à Sainte-Luce, il poursuit ses études secondaires à Fort-de-France, où il obtient son baccalauréat en 1961.
Il commence ses études de sciences économiques à l’Institut Henri Vizioz, annexe de l’Université de Bordeaux, seul établissement d’enseignement supérieur existant alors aux Antilles françaises. En 1977, il obtient son doctorat d’État en sciences économiques à l’Université de Paris IX Dauphine, puis devient agrégé des universités en 1990.
Parcours et réalisations
Jean Crusol enseigne à l’Université des Antilles et de la Guyane, ainsi que dans plusieurs universités de la Caraïbe et de France, où il se spécialise dans les économies insulaires. Il est professeur émérite et a publié une dizaine d’ouvrages et une cinquantaine d’articles sur les économies insulaires, le tourisme et la coopération caribéenne.
En 1984, il est nommé membre du Conseil économique et social de France, où il représente la Martinique pendant deux mandatures, de 1984 à 1994, et préside le groupe des Départements et Territoires d’Outre-mer. En 1988, il est élu député européen, fonction qu’il exerce jusqu’en 1989.
De 1992 à 2015, il est vice-président de l’Assemblée de Martinique, et préside la Commission des affaires économiques, l’Agence de développement économique de la Martinique (ADEM) et la Société de développement économique de la Martinique (SODEM). Il pilote également plusieurs programmes, dont le Schéma de développement de l’aménagement numérique (SDAN).
Collaborations et affiliations notables
Jean Crusol est d’abord membre du Parti socialiste, dont il devient premier secrétaire de la Fédération socialiste de Martinique en 1990, porté par la « Nouvelle Génération Socialiste » qu’il a lancée deux ans plus tôt. En 2008, il rejoint le Parti progressiste martiniquais (PPM), fondé par Aimé Césaire, et s’inscrit ainsi dans une nouvelle filiation politique.
Son parcours croise celui de figures majeures de la vie politique martiniquaise, dont Aimé Césaire et Serge Letchimy, contre lesquels il s’est présenté à plusieurs reprises aux élections municipales et législatives de Fort-de-France. Il collabore aussi avec des économistes et des institutions caribéennes, notamment l’Université des West Indies et l’Institut des relations internationales de Trinidad-et-Tobago.
Singularité, valeurs ou apport spécifique
Ce qui distingue Jean Crusol, c’est d’abord sa double compétence d’économiste et d’homme politique, qui lui donne une expertise particulière sur les enjeux de développement insulaire. Son apport à la théorie et à la connaissance concrète des économies insulaires est reconnu comme précieux dans les postes de responsabilité qu’il a occupés.
Il défend une vision de l’économie martiniquaise fondée sur la coopération caribéenne, la défiscalisation et le développement des petites économies insulaires. Cette posture le place dans une lignée de penseurs qui cherchent à concilier développement économique et justice sociale dans les territoires ultramarins.martinique.

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