Le dimanche 2 septembre 1951, avant le lever du jour, la Martinique est frappée par l'ouragan Dog, considéré comme le premier cyclone officiellement désigné par un nom à avoir durement affecté l'île. Le phénomène traverse l'arc antillais par le canal de Sainte-Lucie et frappe particulièrement le sud du territoire martiniquais.
Selon les analyses météorologiques, l'œil du cyclone passe au sud immédiat de la Martinique. Classé aujourd'hui comme un ouragan de catégorie 1, Dog génère des vents soutenus pouvant atteindre 145 à 150 km/h, avec localement des rafales estimées entre 180 et 200 km/h. Une pointe à 180 km/h est relevée à Fort-de-France.
Le bilan humain est particulièrement douloureux. Cinq marins disparaissent en mer alors qu'ils ont été surpris par la violence du cyclone. Parmi eux figurent Fernand Charron, Albert Charron et Georges Charron, trois frères de Victor Charron, futur maire du Marin entre 1977 et 1983, ainsi que deux de leurs cousins. Leur disparition demeure l'un des souvenirs les plus marquants associés à cet ouragan dans la mémoire collective martiniquaise.
Les dégâts matériels sont considérables. Près de 1 000 maisons sont détruites tandis que de nombreuses autres sont partiellement démantelées par les vents. Les arbres arrachés coupent les routes, les lignes téléphoniques et les réseaux électriques sont gravement endommagés, perturbant durablement les communications sur l'île.
L'agriculture, pilier de l'économie martiniquaise à l'époque, est également durement touchée. Les estimations font état de 90 % de pertes dans les bananeraies et d'environ 30 % des cultures de canne à sucre détruites. Les dommages sont évalués à plusieurs millions de dollars de l'époque.
Après son passage sur la Martinique et Sainte-Lucie, l'ouragan Dog poursuit sa route vers la mer des Caraïbes où il s'affaiblit progressivement avant de se dissiper quelques jours plus tard. Malgré son intensité relativement modérée comparée à d'autres grands cyclones historiques, son impact sur la Martinique en fait l'une des catastrophes naturelles majeures des années 1950.
Aujourd'hui encore, le souvenir de Dog 1951 reste présent dans les archives et les témoignages de l'île. Cet événement rappelle la vulnérabilité historique de la Martinique face aux ouragans et l'importance des dispositifs modernes de surveillance météorologique.
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