Martinique A nu
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Naissance 02 mars 2001
Décès 02 mars 2001
Âge au décès 0 ans
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Félicité Ismain, décédée le 2 mars 2001 à l’âge de 89 ans, est une chantè et tibwatè de la Martinique, reconnue pour sa maîtrise du lasotè, tradition musicale et chorégraphique des hauteurs de Bellefontaine et du Verrier. Femme de cœur et de cran, elle a grandi dans la campagne du Verrier, où elle a connu les travaux des champs et pratiqué le lasotè, chantant à merveille et battant le tibwa avec une justesse et un feeling salués par les praticiens du bèlè et des musiques traditionnelles antillaises. 


Parcours et formation

Félicité Ismain grandit dans la campagne du Verrier, sur les hauteurs de Bellefontaine, commune rurale de la Martinique où se transmettent oralement les pratiques du lasotè, du bèlè et des chants de travail liés à l’agriculture traditionnelle. Elle apprend « sur le tas », au contact des anciens, lors des swaré bèlè, des yoles rondes et des veillées qui structurent la vie sociale et culturelle de la Caraïbe insulaire.

Son répertoire, nourri par les cycles agricoles, les fêtes communautaires et les rituels de danse, reflète une connaissance intime des paroles, des rythmes et des gestes du lasotè, où le chant et le tibwa (bâton rythmique) dialoguent avec les tambours et les corps en mouvement.


Engagements, fonctions et actions majeures

Félicité Ismain s’engage aux côtés de l’AM4, association pionnière dans la sauvegarde et la promotion des musiques traditionnelles martiniquaises, contribuant par son savoir-faire à la documentation et à la transmission du lasotè. En 1992, dans le cadre de la commémoration du 22 Mai (jour de l’abolition de l’esclavage), elle participe au spectacle « Fèt dansé épi mizik tanbou Matinik », présenté au grand carbet de Fort-de-France, où elle incarne une figure vivante de la mémoire orale et rythmique antillaise.

Son rôle auprès de l’AM4 inclut la :

  • Transmission des chants et des techniques de tibwa aux jeunes générations ;

  • Participation à des collectages, des démonstrations et des événements culturels qui valorisent le patrimoine immatériel martiniquais ;

  • Lien entre les pratiques rurales du Verrier et les scènes contemporaines de revitalisation du bèlè et du lasotè.


Rayonnement et reconnaissance

Félicité Ismain est saluée par l’AM4 comme une « femme de cœur et de cran », dont la voix et le jeu de tibwa ont enrichi la connaissance du lasotè et inspiré les praticiens du bèlè, du danmyé et des musiques traditionnelles. Sa participation au spectacle de 1992 au grand carbet de Fort-de-France marque un temps fort de visibilité pour cette tradition, reliant les hauteurs de Bellefontaine aux espaces culturels urbains de la Martinique.

Son influence perdure dans les cercles de transmission, où son nom est cité comme référence pour les chantè et tibwatè qui perpétuent le lasotè dans les swaré bèlè et les écoles de musique traditionnelle.


Héritage et mémoire

L’héritage de Félicité Ismain réside dans la transmission vivante du lasotè, patrimoine immatériel qui exprime la résilience, la joie et la mémoire des descendants d’esclaves en Martinique et dans la Caraïbe. Son enseignement oral, ses démonstrations et ses performances lors de fêtes et de rassemblements culturels font d’elle une gardienne du patrimoine immatériel martiniquais.

Les collectages et les témoignages de l’AM4 constituent des archives précieuses pour la recherche ethnomusicologique et la pratique contemporaine, reliant le passé colonial aux scènes actuelles de revitalisation du bèlè et du lasotè.


Dernier hommage

Félicité Ismain s’éteint le 02 mars 2001 à 89 ans, laissant derrière elle une communauté artistique et culturelle endeuillée mais reconnaissante. 

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